La bière est brassée avec du houblon

C’est la vigne du brasseur. L’image est poétique mais fausse. Le houblon n’est pas l’ingrédient de base de la bière. Cette plante aromatique n’a été introduite en brasserie que vers le 9ème siècle en Europe. Avant le houblon, les brasseuses et les brasseurs employaient d’autres plantes aromatiques (), certains dotées de propriétés antiseptiques. Le houblon apporte l’amertume et des substances antiseptiques. L’amidon est l’ingrédient fondamental. …

Depuis quand brasse-t-on de la bière ?

La bière est la plus ancienne boisson fermentée du monde. Sa préhistoire débute il y 13.000 ans au Proche-Orient, dans ce qui va devenir le Croissant Fertile …

La bière est-elle née pour enivrer nos ancêtres ?

Très probablement quoique non vérifiable. Seule la génétique et l’observation des primates supérieurs nous renseignent. Les humains ont hérité, avec leurs cousins primates, d’une capacité à métaboliser l’éthanol. Ce n’est pas le cas de toutes les espèces animales. Par ailleurs, leur environnement offrait à foison fruits, grains et miel. Tous entraient dans leur régime alimentaire saisonnier et omnivore. La bière est issue d’un tronc commun de boissons fermentées hybrides. Elles étaient à la fois bière, hydromel et vin puisque brassées avec des grains écrasés (mâchés ?), des fruits, du miel et des aromates. La bière est véritablement née quand des groupes humains ont spécialisé leurs sources alimentaires, leurs techniques de subsistance et leur cuisine, devenant agriculteurs ou horticulteurs ou éleveurs, pendant que d’autres se réservaient la chasse et la cueillette. …

Les femmes brassaient la bière avant les hommes ?

Les femmes brassaient la bière avant que les hommes fassent de la brasserie un métier masculin. Idée reçue et fausse. Pendant l’antiquité, en Mésopotamie ou en Égypte qu’on cite souvent en exemple, les hommes et les femmes travaillaient dans les ateliers de brassage. Les tablettes cunéiformes en témoignent comme les maquettes funéraires égyptiennes. Les tâches étaient nombreuses dans une brasserie : faire germer les grains, les moudre, concasser le malt, pétrir la pâte, chauffer les pots, filtrer, surveiller la fermentation, remplir les jarres, etc. Femmes et hommes y travaillaient en équipe pour les grandes institutions de l’époque (palais, temples, sites funéraires royaux). Il existait aussi un brassage à l’échelle domestique et un autre tourné vers le commerce de la bière (auberge, taverne). Des femmes possédaient certaines de ces tavernes-auberges mais rien n’indique qu’elles brassaient elles-mêmes la bière. Dans ces sociétés où l’esclavage était un standard, le travail manuel était réalisé par des esclaves hommes ou femmes. Le brassage de la bière n’était pas une activité spécialement féminine. On a tiré trop vite des mythes et du genre des divinités mésopotamiennes ou égyptiennes associées à la brasserie (Ninkasi, Ishtar, Sekhmet) l’idée que la bière était une affaire féminine, confondant réalité sociale et représentation symbolique. Quant au Moyen âge européen, la situation est aussi contrastée …

Comment brasse-t-on la bière ?

Vous croyez qu’il n’existe qu’une seule façon de brasser de la bière ? Il existe 6 schémas techniques différents pour la confectionner. Le plus connu est le maltage basé sur la germination des grains de céréales pour confectionner le malt. Le plus répandu dans le monde est le schéma asiatique. Il utilise depuis des millénaires le pouvoir de certains champignons capables d’hydrolyser l’amidon pour le transformer en sucres que des levures ou ces mêmes champignons convertissent en alcool. C’est ainsi qu’on brasse le sake japonais, le jiu chinois, le makgeolli coréen et bien d’autres sortes de bières traditionnelles asiatiques. Le plus ancien schéma, encore utilisé dans certaines régions du monde, met à contribution la salive et son amylase (la ptyaline) pour transformer l’amidon en sucres fermentescibles. Un autre schéma, africain celui-là, trouve les pouvoirs d’hydrolyse de l’amidon dans certaines racines. Le 5ème schéma emprunte la voie acide. Une infusion acide hydrolyse également l’amidon. Quant au 6ème schéma, il opère par sur-mûrissement des fruits riches en amidon comme la banane plantain …

Avec quoi brasse-t-on la bière ?

Du houblon ? Non, la matière première de la bière c’est l’amidon. Où le trouve-t-on ? Les humains ont brassé leur bière avec toutes les plantes riches en amidon qu’ils avaient sous la main : orge et blé bien sûr, mais également riz, millet, sorgho, maïs, manioc, sagou, caroubier, taro, igname, et bien d’autres plantes encore …

La bière a-t-elle changé depuis son origine ?

Ce que vous pouvez lire sur les blogs ou les vulgarisations : 1 - les techniques de brassage n'ont pas beaucoup évolué depuis la préhistoire de la bière. La bière reste une sorte de cuisine élémentaire. Tout le monde peut brasser de la bière dans son garage ou sa cuisine. Nous pouvons sans nous tromper recréer la bière des Egyptiens, des Sumériens ou des anciens Chinois. 2 - la bière s'est métamorphosée au 19ème siècle avec l'invention de la bière industrielle, la bière saine et filtrée, pétillante et mousseuse que nous buvons depuis. Avant, la bière ressemblait à une bouillie fermentée aigre à peine buvable, une mixture que personne n'oserait boire de nos jours! Qui dit vrai ? Ni les premiers, ni les seconds. Ces simplifications ne rendent pas justice à la bière, à son histoire riche, passionnante et plus complexe. A commencer par les méthodes de brassage. Il n'y a pas une seule et unique méthode, mais 6 en tout depuis que la bière existe ...

La bière, c'est du malt d'orge, du houblon et de l'eau uniquement. Vraiment ?

Les humains ont brassé leur bière avec toutes les plantes riches en amidon qu’ils avaient sous la main : orge et blé bien sûr, mais également riz, millet, sorgho, maïs, manioc, sagou, caroubier, taro, igname, et bien d’autres encore …

La bière est-elle plus saine que l’eau ?

Historiquement oui pour les sociétés humaines concentrées dans les premiers villages et premières cités. Quand ils fouillent d’anciens sites urbains, les archéologues découvrent des canalisations et des systèmes d’évacuation des eaux usées. Là où il y avait concentrations humaines et cohabitation avec les animaux, l’eau à boire était de médiocre qualité. Comparativement, la bière était saine. La fermentation élimine les microorganismes nuisibles, du moins quand la bière est fraîche. La cuisson du moût (étape facultative selon le schéma technique ou le type de bière) et la fermentation assuraient une certaine hygiène et une barrière contre les microorganismes. …

Les Indiens d'Amérique du Nord brassaient-ils de la bière?

Les Sioux, les Apaches, les Creek, les Cherokee, les Hurons, les Iroquois, les Hopi, les Zunis, les Pueblos, les Natchez ... brassaient-ils de la bière avant les premiers contacts avec les Européens ?

Dans l'antiquité, la bière ne pouvait pas se conserver.

La bière devait être bue dans les 2 à 3 jours suivant le brassage. C'est le cas des bières occidentales, africaines ou amérindiennes brassées par fermentation d'un moût, un milieu liquide donc, avec ou sans cuisson. Dès que la température avoisine les 20-30 ° C, la bière s'acidifie lentement mais sûrement. Ce n'est pas le cas des bières asiatiques tant que la masse à peine humide des grains fermentés n'est pas mélangée à de l'eau et reste enfermée dans une jarre. ...